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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 20:05

On reparle dans les journaux,aux infos,sur le net des événement du 17 octobre 1961.


Un peu d'histoire pour recadrer le sujet.

le FLN en France.

En 1954 il y avait un peu plus de 210.000 algériens en France dont 150.000 célibataires qui travaillaient dans le bâtiment et la métallurgie,d'autres étaient épiciers,patrons de bistros,restaurateurs,quelques étudiants aussi.Durant la durée de la guerre leur nombre augmenta pour atteindre les 430.000 en 1962.
Le parti nationaliste de réference était alors le MTLD qui comprenait 7.000 membres et ,après l'éclatement de celui ci,dans un premier temps la plupart des membres de la fedération de France suivirent Messali Hadj dans son nouveau parti,le MNA(mouvement national algérien) qui se retrouve majoritaire avec 10.000 membres en 1956.Le FLN s'installe en France dès 1957 il a à son actif une quinzaine de milliers d'adhérents.Au départ celui ci s'intéresse au paiement des cotisations des adhérents,perçu jusqu'alors par le MTLD-MNA avec lequel il entre en concurrence,petit à petit il impose auprès des populations nord-africaine leur impôt révolutionnaire,les populations n'ont d'ailleur pas d'autre choix que celui de le payer,

les combats entre FLN et MNA ont fait 4.000 victimes jusqu'en 1962.

Le FLN fut chassé sans relâche par les services de police,en janvier 1955 Boudiaf avait créé la première fédération de France,trois mois plus tard ses responsables sont arrêtés,une seconde direction est démantelée l'été 1956,en décembre Mohammed Lebjaoui,envoyé pour reconstituer la fédération est arrêté en février 1957.
La fédération se composait d'un comité fédéral basé en Allemagne(il avait été transféré en Allemagne en 1958 pour échapper aux arrestations) et de six wilayas réparties sur le territoire de France(1959/1961),elle se livrait à des activités telles que,effectuer la collecte de l'impôt révolutionnaire,la fabrication de faux papiers, l'impression et diffusion de presse clandestine,en 1958 elle lance une serie d'actions,d'actes de sabotage; attentats contre des dépôts pétroliers comme la rafinerie de pétrole de Mirepiane près de Marseille,attaques de casernes et commissariats,tentative de destruction ratée de la cartoucheris de Vincenne,incendies de réservoirs d'essence,attaque d'usines dont celle de montage de camions de l'armée de Vitry,tirs sur des voitures de police,explosions aux usines de cahoutchouc de Kléber-Colomb,sabotage du relais de télévision du Havre,attentat contre Jacques Soustelle en septembre.56 sabotages et 242 attaques ont été dénombrés du 21/8 au 27/9.
Cette même année,en mars une manifestation de policiers a lieu qui reprochaient au gouvernement de ne pas prendre les mesures nécessaires pour les protéger des attentats du FLN,Maurice Papon est alors nommé préfet de police de la Seine.

En juin,de Gaulle est nommé chef du gouvernement.

Le front a contribué à nouer des contacts avec des groupes politiquement réceptifs a ses thèses sur le territoire français, avec des gens qui ne risquaient pas d'attirer l'attention des services de sécurité à cause de leur apparence pour trouver des logements,de la nourriture,soigner les cadres du FLN,assurer leur défense juridique,trouver des planques,des point d'appui en province,favoriser les communications,faire passer les frontières ,imprimer de la presse clandestine,transporter des armes et explosifs,de l'argent.
Le principal reseau a été celui de Jeanson,militant communiste et professeur de philosophie,aidé dans ses débuts par deux prêtres ouvriers.Jeanson s'adresse aux intellectuels,Davezies et Urvoas les prêtres ouvriers enrôlent dans les usines ou ils travaillent.Des gens de tous milieux sont venus en aide au FLN,communistes,socialistes,juifs,chrétiens, francs maçons, syndicalistes,artistes,écrivains,avocats,ouvriers,un commité de soutien a même existé,qui faisait appel aux personnalités les plus connues pour venir protester contre l'emprisonnement ou la condamnation des rebelles ou de leurs amis français.


A la fin,les membres du FLN et porteurs de valises ont été amnistiés,en mars 1962,les portes des prisons leur ont été ouvertes,pour se refermer sur sur des civils et militaires qui avaient voulu garder l'Algérie française.


.L'argent de l'impôt prélevé aux algériens de France était la source principale des revenus destinés à l'effort de guerre,il représentait 50% des besoins,le reste étant fourni par des pays arabes,chaque mois celui ci arrivait des wilayas pour être versé sur des comptes en Suisse,d'ou l'importance des porteurs de valises et autres qui ont contribué à clouer pas mal de cercueils en Algérie.
De 1958 à 1962,la structure du FLN a été souvent modifiée pour se protéger des infiltrations des services de renseignements français,mais aussi pour faire face à l'augmentation de ses effectifs et aux problèmes que cela entrainait dans ses divisions administratives locales.Entre 1959 et 1961 la France était divisée en six wilayas.En septembre 1961 le nombre des wilayas passe à sept,leurs numérotations modifiées pour les regrouper en trois blocs controlés chacun par un responsable contrôleur(RC).

GROUPE 1 -wilaya 1- Paris sud(de la Seine)-wilaya 1B Atlantique(sud-ouest de la France,de la region parisienne à Bordeaux.)

GROUPE 2 -wilaya 2- Paris nord(de la seine)-wilaya 2A de région parisienne au Pas de Calais,Lille et frontière belge.-wilaya
2B-Est(Alsace Lorraine,de Strasbourgs à la frontière suisse)

GROUPE 3 -wilaya 3 -région de Lyon avec le massif central.-wilaya 3B région de Marseille et Languedoc.



Manifestation du 17 octobre 1961.


Le 17 octobre a eu lieu à Paris une manifestation de masse organisée par le FLN.Cette manifestation s'est déroulé au moment ou les discussions sur les accords de paix avaient repris aprés une interruption,la France venait de céder,face aux représentants du GPRA sur le problème du Sahara.
EN septembre la DST avait pris connaissance de la présence sur le territoire d'un chef des opérations du FLN ,ce responsable principal ''le Fédéral''était la seule source de contrôle pour Paris et la France métropolitaine.les ordres du comité fédéral d'Allemagne lui étaient transmis et celui ci les retransmettaient aux trois contrôleurs de groupes,les RC qui les retransmettaient à leurs chefs de wilayas.
Le fédéral(RF) rencontrait régulièrement les trois RC,ceux ci formaient un organe central de prise de décisions qui supervisait et décidait du travail des wilayas sur le terrain.Il semble qu'il ait existé en plus de ce comité des 4 une commission centrale composée de militants plus âgés qui jouait un rôle de conseillers auprès de ces quatre.


A ce moment,à Paris ,le gouvernement est confronté depuis plus de six mois à une double série d'attentats,d'un côté l'OAS a assassiné le maire d'Evian et procédé à nombre de plastiquages à Paris,il a aussi tenté d'assassiner le général de Gaulle à Pont-sur Seine,de l'autre le FLN a augmenté ses actions contre le MNA ainsi que contre les forces de police.De janvier à septembre de nombreux nord-africains ont été tués,de même que vingt huit européens dont vingt cinq policiers. Début octobre décision est prise de restreindre la circulation de nuit des populations nord-africaines,il leur est conseillé de rester chez eux entre 20H30 et 5H30.Par communiqué de presse du 5 octobre le couvre feu est instauré,la circulation restant autorisée sur attestation.


Alors que initialement des manifestations était prévue pour le 1er novembre,pour marquer le 7eme anniversaire de la révolution algérienne,une mobilisation qui devait s'inscrire dans une journée internationale d'actions se déroulant dans plusieurs pays comme l'Algérie,le Maroc,la Tunisie,Belgique et Allemagne, le comité fédéral d'Allemagne répond favorablement à la demande de l'organe central de répondre par un défi au couvre feu par une manifestation dans laquelle il y aurait hommes femmes et enfants,le défilé devant commencer à 20h30,heure du couvre feu.La '' protestation'' devait de dérouler en trois parties.une première partie à Paris sur trois jours,qui s'étendrait,deuxième partie sur toute la France par des manifestations de femmes devant les préfectures,la troisième partie concernait une grève générale. Histoire Maghreb Algérie.

Par l'intermédiaire des médias,ces manifestations, durant les débats sur les accords de paix ,devaient montrer au monde entier que le FLN avait le contrôle de Paris et de la province.

Il semble bien que ces décisions ont été prises sans consultation préalable du GPRA de Tunis,sans doute à cause de luttes obscures qui se faisaient jour au sein du FLN pour le pouvoir et la fédération de France,avec ses 350.000 membres avait une très forte influence.D'autre part le GPRA était alors engagé dans une épreuve de force avec l'état-major de Boumédiene,l'état-major de l'EMG avait démissionné.
A partir de 21 heures environ 25.000 manifestants se heurtent dans differents endroits de Paris aux forces de l'ordre, en nombre insuffisant.
Une polémique existe toujours sur le nombre de victimes,le bilan officiel était de 3 morts et 337 blessés,d'autres parleront de 30 ou 50 morts,un autre 140, 200, 300,un autre encore donne le chiffre de 210 en 1991,325 puis 393 en 2001.


Le résultat de la manifestation n'a pas été bénéfique au FLN,celui ci s'est traduit par des gestes d'hostilité de la population à l'égard des travailleurs émigrés,une baisse des fonds versés par les algériens ,la fédération de France blâmée par le GPRA annule ses autres manifestations.

 

à lire  sur: Histoire Maghreb Algérie.

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Published by DLF - dans Souvenir.
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Le pédagogue 02/10/2015 20:27

Le pédagogue :


Un peu partout, dans Paris et sa région des hommes, des femmes et des enfants marchent.
Pour soutenir la résistance des Indigènes contre le colonialisme français.
Des basanés.
D'habitude, ils passent inaperçus.
Ils quittent rarement leurs réserves et les lieux où ils triment.
Et les voilà subitement en masse.
Comment est-ce possible ?
Comment osent-ils devenir visibles ?
Ils marchent.
Des hommes, des femmes, des enfants.
Depuis combien de temps ?
Quelle distance ont-ils parcouru ?
Pour eux, le temps ne compte pas et ils ne mesurent pas l'espace.
Un immense souffle est en eux.
Le but est dans leur coeur et rien de ce qui est éphémère ne les atteint.
Ce qui doit être sera.
Ils s'approchent de la Seine au rythme de battements tels ceux du coeur de la mère que tout enfant béni garde en lui.
Une marche pleine d’espoir.
On aurait dit l'aurore de la vie.
Un peu partout, des rangs noirs formés par des forces dites de l'ordre.
Par moments, de lourds nuages voilent la clarté du jour.
Mais pour ces êtres qui marchent, le ciel est d'un magnifique éclat et la Seine est radieuse.
Mohammad sourit à sa mère qui lui caresse les cheveux, et serre fort la main de son père.
Les rangs noirs explosent, des véhicules ternes vrombissent.
L'arsenal du maintien de l'ordre se répand en un déversement de haine.
Les marcheurs sont encerclés.
Dans Paris et sa région, plus de douze mille arrestations.
Des camps de détention et de torture.
Des blessés.
Des tués.
Des corps d'hommes, de femmes et d'enfants jetés dans la Seine.
Des moyens dits d'information ont informé :
Des semeurs de désordre, terroristes musulmans, ont été mis hors d’état de nuire.
La liberté.
Taratata.
L’égalité.
Taratata.
La fraternité.
Taratata.
Le ciel infini est bleu.
La Seine coule.
Depuis des années, Mohammad, maintenant grand-père, y vient assez régulièrement.
Il s'arrête, fixe le fleuve et sourit à ses parents, jetés dans la Seine le 17 octobre 1961 (selon le calendrier dit grégorien).

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